jeudi 29 avril 2010

Direction Ruisseauville : L'autre festival, dimanche 2 mai

Rendez-vous ce dimanche à partir... du matin
jusqu'au soir, pour COQUELICOTER dans
"L’autre festival pour la Terre"


Programme :
www.apetitspas.net
ou
ICI

mercredi 21 avril 2010

Café Décroissance à Lens


RDV ce jeudi 22 avril à partir de 19h au Café L'Estrade à Lens

thème de la soirée : les limites
(de la planète... de nos comportements...)

http://estrade-cafe.jimdo.com/

dimanche 18 avril 2010

Investir collectivement dans les ENR

Présentation de la SCIC "Solis Coop"
le Mardi 20 avril 2010 de 17h30 à 19h00

à la MRES, 23 rue Gosselet à Lille

Cette Société Coopérative d’Intérêt Collectif a la volonté de permettre aux citoyens d’investir collectivement et localement pour le développement des énergies renouvelables.

Ainsi, la coopérative SOLIS Coop louera des surfaces de toits rénovés ou à rénover sur la Métropole lilloise pour y installer et exploiter des centrales photovoltaïques de 300 m
² à 2000 m² et cela avant d’étendre son modèle à la Région Nord Pas-de-Calais.

Ces projets collectifs seront portés par les salariés de la coopérative, par des citoyens, par des acteurs de la finance solidaire et des banques. Ils seront réalisés sur des bâtiments des Collectivités publiques mais aussi sur des bâtiments privés afin d’atteindre une surface totale de 24 000 m
² installés d’ici à 2015.
De plus, il est intéressant financièrement de monter des projets de grande envergure et de mutualiser les coûts (raccordement, étude techniques, assurances, chantiers,…) sur un site important (30 kWc minimum).

L’objectif final est double :
- Développer la production d’électricité d’origine renouvelable afin de participer à l’objectif Européen de 20% d’électricité d’origine renouvelable en 2020.
- Mais aussi de développer la filière photovoltaïque et ses emplois en région.


Les citoyens pourront participer à la coopérative en investissant leur épargne au travers de clubs cigales (clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire) dédiés au projet.

En conclusion,
la coopérative SOLIS Coop a la volonté d’être un "Moteur Solaire" du Développement Durable de notre région.

Venez nombreux, particuliers, associations, entreprises, collectivités locales, acteurs du développement durable, découvrir les enjeux de cette SOciété Locale d'Investissement Solaire Coopératif


+ d'infos :
sur les SCIC : http://www.scic.coop/

sur l'asso Solaire en Nord : http://solaire.en.nord.free.fr/index.html

dimanche 4 avril 2010

Décroissance : La nébuleuse lyonnaise.

Cette article est paru dans Mag2Lyon (mensuel traitant l'actualité lyonnaise en toute indépendance).

C’est à Lyon qu’ont été lancés les principaux mouvements et journaux de cette sensibilité écolo qui a conquis un public avec ses discours radicaux.

Le mouvement Casseurs de pub vient de fêter ses dix ans. Dix ans de dénonciation du “système” avec des actions coups de poing comme le taggage d’affiches dans le métro. Mais ce groupuscule lancé par le Lyonnais Vincent Cheynet, un publicitaire “repenti”, n’est plus aujourd’hui qu’un des éléments d’une mouvance beaucoup plus large réunie autour d’un thème commun : “la décroissance”. Le point commun de ces militants, c’est leur opposition à la croissance économique. Même si elle respecte l’environnement. Pour eux, le développement durable est même une “escroquerie”. Leur référence : l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen qui, depuis les années 60, annonce que les matières premières n’étant pas inépuisables, notamment le pétrole, il faut trouver des alternatives. Mais ces Décroissants ont transformé son analyse prospective en une véritable idéologie. Avec ses figures, ses tribus, ses journaux... Enquête.

Les fondamentalistes

Ce sont eux qui ont initié le mouvement de la décroissance à Lyon. Avec un trio de base constitué par les frères Cheynet, Vincent et Denis, mais aussi de Sophie d’Ivry, l’épouse de Vincent. Bref, une histoire de famille. Ce qui n’a pas facilité l’ouverture de ce mouvement. D’autant que Vincent Cheynet a la réputation d’être psychorigide. Mais ce trio a quand même été rejoint par Thomas Waring, fils du chanteur de jazz Steve Waring. Thomas Waring s’est fait connaître en 2004 quand il a aidé François Schneider, alors chercheur à l’Insa de Lyon, à organiser “sa marche pour la décroissance”, au cours de laquelle il a traversé la France avec un âne. D’ailleurs, Thomas Waring, plus convivial que Cheynet, est chargé d'organiser des conférences pour sensibiliser le public. Autre personnage-clé : Bruno Clémentin, un militant antimilitariste qui a créé l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable, une association qui édite certains livres de cette mouvance.
Principaux animateurs de Casseurs de pub, ces cinq militants sont aussi les principaux rédacteurs du journal la Décroissance qu’ils ont lancé en 2005. Créé place Croix-Paquet, sur les pentes de la Croix-Rousse, ce mensuel, qui vient de déménager rue Crillon dans le 6e arrondissement, revendique 15 000 exemplaires vendus en France. En tout cas, il a une audience nationale. Ce qui permet à Vincent Cheynet de passer pour le principal représentant de cette sensibilité décroissante. Ses principaux thèmes : la dénonciation de la voiture car elle est au fond pour lui à la fois le symbole de la pollution mais surtout de l'individualisme qu’il combat. Critiquant la gauche et la droite, Vincent Cheynet est encore plus dur avec les Verts, en particulier, Daniel Cohn-Bendit et Nicolas Hulot qu’il accuse d’être vendus au “capitalisme vert”. Car Cheynet considère que la croissance verte est une impasse. Mais il ne s’attaque pas seulement aux écologistes. Il cible également certains militants de la décroissance.
Assez caractériel, Vincent Cheynet avait fondé le Parti de la décroissance pour trouver une issue politique à son combat. Mais il s’est fâché avec ce mouvement qui s’est finalement rallié aux Objecteurs de croissance pour créer Adoc, un mouvement qui reste très marginal. Du coup, Cheynet est désormais souvent mis en cause sur certains sites alternatifs par les internautes qui lui reprochent de “s’être approprié la décroissance comme une marchandise !” Certains expliquent ce côté gourou intraitable par ses convictions catholiques affichées. Et d’autres par sa volonté de faire oublier à quel point il était immergé dans le système qu’il dénonce aujourd’hui. “Cet ancien publicitaire me fait penser à Saint-Paul qui, tout juste converti au catholicisme, pourchassait les hérétiques !”, s’amuse un élu écologiste. Mais une chose est sûre : il a fait le vide autour de lui, même s’il garde le soutien de Rebell’Lyon, un site internet qui se situe entre les alternatifs et l’extrême-gauche.

Les expérimentateurs

Cette tribu regroupe tous ceux qui trouvent la démarche de Cheynet et de ses proches trop théorique. Leur priorité à eux, c’est justement de mener des combats concrets. Principale figure aujourd’hui : la jeune Lyonnaise Bertille Darragon. Comme Cheynet, elle vient de la mouvance antipub. Elle a même été une des militantes les plus actives de l’antenne lyonnaise des Déboulonneurs, un collectif lancé à Paris qui milite contre l’affichage. Elle a ainsi été condamnée à 1 euro symbolique pour avoir écrit “consomme et pollue” sur un panneau de la société Decaux qui a porté plainte pour dégradation. Un procès qu’elle a utilisé habilement comme une tribune. Cette militante, qui vit à la Croix-Rousse se déplace à vélo, n’a ni télé ni portable et ne mange que des légumes bio. Elle a d’ailleurs été directrice de l’association Pignon sur rue qui milite pour le vélo en ville. Le local de cette association, rue Saint-Polycarpe à la Croix-Rousse, est devenu un des rendez-vous des Décroissants “de terrain”. Mais elle touche aussi un public large grâce à son atelier de réparation de vélos Le Recycleur. Egalement dans cette mouvance anti-voiture : les militants de Vélorution qui organisent chaque mois des balades à Lyon pour dénoncer l'insuffisance de pistes cyclables.
Bertille Darragon est aujourd’hui une des principales animatrices de Décroissance et politique, qui a organisé récemment “lyonpenhague”. On retrouve aussi dans ce collectif Clémence Emprin, une jeune étudiante de l’ENS qui fait une thèse sur la crise écologique, Marie-Pierre Najman, une institutrice qui tient un jardin partagé à Vénissieux ou encore Olivier Bidaut qui a lancé l’association Compostier à Lyon pour permettre aux habitants d’immeubles collectifs de faire leur compost. Et qui anime aussi la “guérilla potagère” semant des graines pour que les légumes poussent librement afin de dénoncer le poids des multinationales agroalimentaires. Tous trois collaborent régulièrement à la revue lyonnaise Silence, incontournable depuis 30 ans dans la mouvance écologiste et alternative. Créé par Michel Bernard qui la codirige aujourd’hui avec Guillaume Gamblin, un militant de la violence, ce journal met aussi en valeur les initiatives positives tout en évitant les combats politiques partisans. Rien à voir avec la démarche rigide de Cheynet. D’ailleurs, initialement installés dans les mêmes locaux, Bernard et Cheynet se sont séparés. “Chez les Décroissants, il y a les autoritaires comme Cheynet et les libertaires comme nous”, résume Michel Bernard.

Les intellectuels

L’une des principales références intellectuelles des Décroissants est un Lyonnais, Paul Ariès (en photo à gauche). Cet universitaire et chercheur en sciences politiques s’est d’abord fait connaître par son travail contre les sectes. Ce qui lui a permis de rencontrer Christian Terras, le fondateur de la revue catholique contestataire Golias, devenu éditeur de ses livres. Puis il a évolué vers la dénonciation des multinationales en établissant justement un parallèle avec le fonctionnement des sectes. Avant de devenir un des principaux théoriciens de la décroissance et de la dénonciation du capitalisme vert. Avec notamment son “Petit manuel antipub” publié en 2004 où il dénonce l’influence des grandes marques. Même si son discours est radical, il est apprécié au-delà de son carré de fidèles et ses conférences drainent un public assez large. Car il a la réputation d’être plus ouvert au débat que Cheynet.
Autre référence dans cette nébuleuse de la Décroissance : Pierre Rabhi. Cet ancien ouvrier agricole d’origine algérienne, qui a aujourd'hui 71 ans, est une figure historique de l’écologie car il a su conjuguer expériences et réflexion. En effet, il s’est mis à l’agriculture bio dès les années 60 en s’installant en Ardèche avec sa femme et leurs cinq enfants. Mais il a aussi travaillé en Afrique pour mettre en place une agriculture respectueuse de l’environnement. Cet intellectuel a largement inspiré Nicolas Hulot pour son pacte écologique. Ils ont même écrit un livre ensemble en 2006 “Graines de Possibles, Regards croisés sur l'écologie”, publié aux éditions Calmann-Lévy. Ce que n’a pas apprécié Cheynet. Du coup, Rabhi s’estime victime d’un certain “sectarisme”.

Les sympathisants

Certains élus ou militants apprécient la démarche de cette nébuleuse de la Décroissance. Certains sont issus de la gauche comme Gilbert Dumas. Professeur d’histoire, il a milité dans les années 90 chez les Verts où il était un des spécialistes des déplacements urbains. Il avait d’ailleurs fondé le collectif “Autostop” tout en étant très engagé dans l’antiracisme. Elu dans le 3e arrondissement sur la liste PS en 1995, il a finalement pris ses distances avec l’alliance PS-Verts. Aux élections municipales de 2001, il a même été un des principaux animateurs de la liste Audace, où se sont retrouvés de nombreux militants de la Décroissance pour concurrencer les Verts sur le terrain politique. Ce qui a marché dans le 1er arrondissement, fief des écolos, où ils ont dépassé les 10%. Mais aujourd’hui, Gilbert Dumas a choisi de s’engager dans la démarche du front de gauche de l'ex-PS Jean-Luc Mélanchon. Autre sympathisant : Etienne Tête, adjoint Verts à la mairie de Lyon. Lui aussi défend comme Dumas une certaine “décroissance sélective” en visant notamment la voiture. Exemple, il ne croit pas à l’intérêt de construire des voitures vertes. Et c’est un des rares Verts à considérer qu’il est “possible de discuter avec Cheynet” (voir encadré). Même s’il dénonce ses prises à partie “parfois expéditives”, il ne serait “pas gêné s’il prenait sa carte aux Verts.”

Reste à savoir combien cette mouvance décroissante rassemble de militants à Lyon. A peine une cinquantaine de convaincus selon un écologiste qui les a longtemps fréquentés. En revanche, le nombre de sympathisants est plus important. Une certitude, leur contre-grenelle de l’environnement avait rassemblé plusieurs centaines de sympathisants en mai dernier. Mais les Décroissants semblent encore trop divisés pour créer une véritable force politique. En particulier à Lyon où l’autoritarisme de Vincent Cheynet a fait des ravages. Même si leurs associations fonctionnent comme des laboratoires d’idées pour le mouvement écolo.

Lionel Favrot, Mag2Lyon, janvier 2010