jeudi 26 mars 2009

Lancement de la campagne Europe-Décroissance le 25 avril à Paris

Des membres du Mouvement « les Objecteurs de Croissance » (MOC) et du Parti Pour La Décroissance (PPLD) vous invitent à venir participer à la campagne politique Europe-Décroissance pour les élections européennes de 2009.

Samedi 25 avril 2009 - De 13h à 20h
Espace Jean Dame
17 rue Léopold Bellan - 75002 Paris - Métro : Sentier (ligne 3)

L’appel "Europe-Décroissance" pour la constitution de listes Décroissance aux élections européennes a été signé par plus de 1 600 objecteurs de croissance. Le PPLD et le MOC ont entendu l'appel des signataires. Nous vous proposons de constituer, tous ensemble, des listes et de lancer notre campagne sur la base d'un socle commun de propositions anticapitalistes et antiproductivistes, pour une véritable émancipation sociale et humaine.

Rejoignez-nous !

Cette réunion actera la naissance de l’Association Des Objecteurs de Croissance (ADOC-France) et préparera les thèmes de la campagne. Au delà des élections européennes, cet événement s'inscrira sur le long terme dans le lancement d'un mouvement politique autour de la Décroissance et de l'après développement. Nous appelons l'ensemble de ceux qui se réclament de l'objection de croissance, de l'écologie radicale et de l'altermondialisme politique, à venir construire avec nous ce nouveau projet de société soutenable et souhaitable.

Programme de la journée

  • De 13h à 14h : Accueil des participants.
  • De 14h à 15h : Présentation de la campagne Europe-Décroissance.
  • De 15h à 17h : Vote de la création de l'ADOC-France, de la plateforme commune.
  • De 17h à 18h : Pause.
  • De 18h à 20h : Travail par super région et constitution des équipes de campagne et des listes européennes.

Inscription : pour des raisons pratiques, nous vous invitons à vous inscrire :

  • Par courriel : europedecroissance@gmail.com

vendredi 20 mars 2009

" Off with her head ! Off with _ "

Certain-e-s auront peut-être reconnu en anglais dans le texte un passage des aventures d'Alice au pays du merveilleux Lewis Carroll...

Après la très belle journée de mobilisation hier, restons dans le poétique.

Hier soir, je me suis rendu à Lens, au café L'Estrade, café bio et équitable, pour le deuxième rendez-vous du Groupe de réflexion citoyen.
J'avais une semaine de retard, le rendez-vous avait eu lieu le jeudi précédent !
Pour info, le prochain se déroulera le 9 avril.

Le prosaïque et le poétique
J'ai eu néanmoins l'occasion de boire un verre et de discuter avec Pierre, le responsable du projet L'Estrade (projet d'une part, de réinsertion pour des personnes en difficulté qui trouvent dans le restauration un nouveau parcours professionnel, et d'autre part un café "citoyen" pour s'informer sur des questions d'actualité et de société).
Dans le fil de la conversation (retrouver des espaces de liberté, se désaccoutumer de la grande distribution, inventer de nouvelles résistantes-alternatives etc...), Pierre a évoqué Hakim Bey [ connu pour " ses théories au sujet des TAZ (dans son livre Temporary Autonomous Zone, zone d'autonomie temporaire) et ses incitations au terrorisme poétique"] et Raoul Vaneigem.

J'ai alors repensé au manifeste des neufs intellectuels antillais, et à ce qui manquent tellement à nos vies.
Lisez, relisez le Manifeste pour les "produits" de haute nécessité, écrit par Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier PORTECOP, Olivier PULVAR, Jean-Claude WILLIAM.
Extrait :
"... derrière le prosaïque du " pouvoir d'achat " ou du "panier de la ménagère ", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique)."

et appel final :
" Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du " Marché ", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite. Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté."

mercredi 18 mars 2009

Elle est retrouvée. Quoi ? La grève générale



photo extraite du site http://casse-toi-pov-con.net

Bonne manif à tous !

dimanche 1 mars 2009

Coupler les luttes : sauver la planète et venir à bout du capitalisme

Dimanche dernier, Vincent Lemerre accueillait dans son émission à suivre la philosophe belge Isabelle Stengers, autour de son nouvel essai Au temps des catastrophes : résister à la barbarie qui vient (éd. La Découverte). Entretien fort intéressant que je vous invite à (ré)écouter sur le site de France Culture.

Quelques morceaux choisis :
sur la crise actuelle : "[nous sommes suspendu] entre deux histoires. Cette crise fait partie de l'histoire qui nous domine. L'histoire que je mets, pour aller vite, sous le signe de l'impératif de la croissance. C'est comme ça qu'elle est lue pour le moment. A quand le retour de la croissance ? C'est le seul horizon, c'est celui à partir duquel ceux qui nous dirigent pensent. Mais l'autre histoire dont nous savons qu'elle a déjà commencé, n'a pas encore véritablement de mots, de consistances. C'est cette histoire qui est, elle aussi globale, mais qui met en scène une terre ravagée... C'est elle qui nous met au pied du mur, qui impose une recomposition du politique sans abandonner la perspective d'une lutte, une lutte qui doit se penser autrement, parce que nous n'avons plus le temps d'attendre que le capitalisme soit évacuer."

sur la sortie possible de la crise par la croissance verte, le capitalisme vert : "capitalisme vert, cela veut dire que la vieille alliance avec le capitalisme continue... Le capitalisme est opportuniste : si une opportunité de tricher avec les promesses, les engagements s'ouvre, elle sera prise. Il est dans sa nature d'en profiter."

sur la moralisation du capitalisme : "C'est un oxymore, ce n'est pas que le capitalisme soit immoral, mais capitalisme et moralité, ce sont deux corps étrangers. Ne perdons pas trente secondes à ce genre d'hypothèses."

sur l'alternative où il s'agitait moins de prendre le pouvoir que de récupérer du pouvoir : "Il faut réussir à relier ceux qui luttent et ceux qui créent et qui fabriquent le sens de ce que c'est une vie sans croissance."

J'ai commandé cet essai, ainsi que le précédent de cette auteur, La sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoutement (éd. La Découverte), cosigné avec Philippe Pignarre.
Du même Ph. Pignarre, je viens de lire la contribution à l'ouvrage Penser et agir avec Illich.
D'un précurseur de la décroissance à l'autre, d'Ivan Illich à André Gorz, il n'y a qu'un pas que je franchis. En furetant sur le site des éditions La Découverte, je prends connaissance de la parution d'un livre sur André Gorz : André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle (dir. par Christophe Fourel ; écologie politique, place du travail et du temps choisi, critique du capitalisme, revenu d'existence : introduction à l'oeuvre d'un précurseur à l'influence souterraine mais capitale, André Gorz (1923-2007).


liens :
les éditions La Découverte
le site de Philippe Pignarre
et ici une lecture du livre d'Isabelle Stengers